dimanche 27 avril 2008

Minutes et secondes.

« Une odeur détestable s'insuffla dans ses narines, un parfum qu'elle avait déjà eu l'occasion de connaître auparavant. Celui de l'amertume des années. Car les êtres se lassent de ce monde, et le monde se lasse d'eux. Il est entendu que les humains et cette entité immatérielle se livrent un combat, que dis-je: une guerre éternelle perpétuellement remportée par le Temps. Alors, par peur que les années les engloutissent, les humains utilisent des artifices qui ne leurrent que leurs propres angoisses. Ils polissent leurs meubles de cire pour que le Temps glisse dessus sans s'y frotter, ils remplissent leurs armoires de pot-pourris pour éloigner leurs craintes, ou encore ils utilisent des crèmes qu'ils espèrent miraculeuses et capables de défier les conséquences indéniables de l'âge. Et toutes ces choses, toutes ces odeurs, s'insinuaient vicieusement dans le crâne de Pandore, lui brûlant la rétine avec une rancoeur âcre et désespérée. »

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Père castor raconte nous une histoire ?
Ouai Pandore. De jolis mots, joliment placés, c'est tout un art, on s'en sort pas trop mal apparemment ! Le on c'est toi aussi vui. J'adore. Surtout le truc de polir les meubles... pour que le temps glisse dessus, joli joli. La patine du temps hein ?